L’onction d’huile est utilisée dans la bible comme rite de consécration à Dieu, pour les prêtres, puis pour les rois. Jésus est ainsi l’oint du Seigneur. Dans la liturgie catholique, trois huiles sont consacrées lors de la messe chrismale, célébrées par l’évêque dans chaque diocèse au cours de la semaine sainte : le saint chrême, utilisé lors des baptêmes, confirmations et ordinations, ainsi que pour la consécration d’objets de culte, l’huile des malades, utilisée au cours du sacrement des malades, et l’huile des catéchumènes.
Le saint chrême est un mélange d’huile d’olive et de baume, qui reçoit une consécration solennelle, les deux autres sont des huiles d’olive pure, qui sont bénies. Ces huiles sont conservées dans des récipients spéciaux, qui peuvent être munis d’un coton. Un coffre, ou une armoire, peuvent recevoir d’un à trois flacons, suivant les usages prévus (en particulier si le prêtre doit aller visiter un malade). Le coffret peut être compartimenté, ou contenir une plaque perforée pour maintenir les vases.
Les plus beaux coffrets du Moyen-Âge qui nous sont parvenus sont décorés d’émaux. Plus tard, on leur apporte le même soin en déclinant un véritable savoir-faire. Comme ici avec ce coffret en argent du XVIIe siècle, appartenant au trésor de Saint-Jean-du-Doigt. Il prend la forme d’une petite église. Les trois vases, aussi en argent, sont identiques.
Ce chrismatoire allemand en argent doré de 1636 est constitué de trois compartiments sculptés surmontés d’une croix.
Ces pièces montrées ci-dessus sont exceptionnelles, et conservées dans des musées. Aujourd’hui, ce sont des contenants plus simples qui sont habituellement utilisées dans les paroisses et les diocèses, mais l’essentiel demeure : l’huile, appliquée par le prêtre ou l’évêque, et qui pénètre, comme signe de la consécration à Dieu.