Succédant à Marlène Schiappa au ministère chargé de l’Égalité femmes-hommes, la diversité et l’égalité des chances, Élisabeth Moreno a assuré lors de son discours de passation mardi 7 juillet : « L’égalité entre les femmes et les hommes est le plus beau combat de notre époque ». Avant d’ajouter : « Il n’y a pas de plus grande complémentarité que celle des hommes et des femmes ».C’est une phrase qui a dû faire bondir plus d’une ‘féministe’. Désignée pour remplacer Marlène Schiappa au ministère chargé de l’Égalité femmes-hommes, la diversité et l’égalité des chances, Élisabeth Moreno a déclaré : “L’égalité entre les femmes et les hommes est le plus beau combat de notre époque. Ce n’est pas une bataille des sexes. Il n’y a pas de plus grande complémentarité que celle des hommes et des femmes”. Le mot est dit : complémentarité. Il n’en fallait pas plus pour susciter commentaires et petites phrases cinglantes de ‘féministes’ au sujet de la nouvelle ministre.
Très inquiète du féminisme qu’annonce Elisabeth Moreno. Clairement libéral mais aussi conservateur. La “complémentarité entre les sexes” qu’elle évoque est une notion directement inspirée de la doctrine catholique, la négation du principe de la déconstruction des rôles de genre. pic.twitter.com/Dp6K58Rutm
— Camille Froidevaux-Metterie (@CFroidevauxMett) July 8, 2020
“Il n’y a pas de plus grande complémentarité qu’entre les femmes et les hommes” #AuSecours pic.twitter.com/eYu1eXcTfj
— Margaux Collet (@Margaux_Collet) July 7, 2020
Inconnue, Élisabeth Moreno l’est peut-être en politique mais certainement pas dans le milieu de la ‘Tech’. Présidente depuis janvier 2019 d’HP Afrique, elle a dirigé auparavant le groupe Lenovo en France. Véritable self-made-woman, elle est arrivée du Cap-Vert en France à l’âge de sept ans. “Si on m’avait dit un jour, de mon petit Cap-Vert natal, que j’aurais la situation professionnelle que j’ai aujourd’hui et que j’aurais la chance d’inspirer les autres… je n’y aurais pas cru”, a-t-elle déclaré en 2018 au journal La Tribune.
Membre du cercle InterElles, un réseau d’entreprises engagées pour la mixité et l’égalité professionnelle dans les secteurs scientifiques et technologiques, où les femmes sont encore rares, elle reconnaît volontiers qu’elle a “le goût du challenge”. Comme en témoigne son parcours professionnel, l’égalité femmes-hommes au sein des entreprises, notamment la question des femmes dirigeantes, lui tient à cœur. Invitée lors de l’université d’été du Medef en 2018, elle avait déclaré : “Les femmes sont toujours écartées lorsqu’on parle de leadership. Il ne faut pas oublier que ce sont les femmes qui élèvent les leaders de demain”.
Un “féminisme pragmatique”
N’en déplaise à certain(e)s, elle “porte un féminisme pragmatique, qui n’est pas dans l’excès ou l’hystérie”, a indiqué au magazine Têtu Aude de Thuin, fondatrice de Woman in Africa et amie de longue date de la nouvelle ministre. “On vit dans un monde à domination machiste, mais l’agressivité se retourne régulièrement contre les femmes”.
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